Reseau juridique du Quebec Informations juridiques grand public Informations juridiques pour affaires Informations pour juristes
ENGLISH
À propos
Nous joindre
Accueil
 Produits / services
  Boutique juridique
  Trousse testamentaire
  Contrats commerciaux
  Assistance juridique
  Librairie juridique
  Services spéciaux
 Trouvez votre
  Avocat
  Notaire
  Huissier de justice
  Syndic de faillite /
    redressement financier
 Documentation
  Particuliers
  Affaires
  Juristes
  FAQ juridique
  Organismes d'aide
  Tout pour le juriste
  Liens juridiques
  Humour


       Recherche
 

Boutique juridique


 Revue de presse

 Commentaires...

 


Grandes étapes à suivre pour un liquidateur successoral averti


Par Me Constance Fortin, avocate, pour Jurismedia inc.


Contenu

1. Obtention de la preuve du décès

2. Effectuer une recherche testamentaire

3. Vérification du testament

4. Étude des dispositions testamentaires

5. Nomination ou confirmation du rôle du liquidateur

6. Vérification et liquidation du régime matrimonial et du patrimoine familial

7. Traitement des créances alimentaires au besoin

8. Élaboration d'un inventaire des biens et dettes de la succession

9. Dépôt de l'avis de clôture de l'inventaire

10. Dresser et transmettre les déclarations de revenus

11. Demande de certificats fiscaux

12. Liquidation de la succession

13. Reddition de compte

14. Dépôt de la clôture de compte


1. Obtention de la preuve du décès

L'ouverture de la succession d'une personne s'opère par son décès. La première étape consiste donc à se munir d'une preuve du décès afin de démarrer le processus successoral. Voici comment procéder. Le constat de décès d'un médecin et l'attestation de décès remise par le personnel du salon funéraire prenant en charge le service du défunt, seront transmis au Directeur de l'état civil par le directeur de funérailles. Par la suite, le liquidateur ou un membre proche de la famille du défunt devra compléter les formalités nécessaires auprès du Directeur de l'état civile afin d'obtenir un Certificat ainsi qu'un acte de décès, preuves officielles du décès : www.etatcivil.gouv.qc.ca/fr/certificat-copie-acte.html

L'obtention de l'acte de décès est une étape importante puisqu'il permettra d'amorcer la prochaine étape de la liquidation soit celle de la recherche testamentaire.

 

2. Effectuer une recherche testamentaire

Sur réception du certificat et de l'acte de décès, le liquidateur, s'il est déjà connu, ou un membre proche de la famille du défunt peut procéder à la recherche testamentaire auprès du Registre des dispositions testamentaires et des mandats du Québec. Une même demande permet à la fois d'effectuer des recherches de testaments rédigés et reçus par des notaires (Registre de la Chambre des notaires) ainsi que des testaments rédigés et reçus par des avocats (Registre du Barreau du Québec) : www.rdtmq.org/fr/rechercheTestamentaire/index.html

Un certificat de recherche vous sera émis identifiant, le cas échéant, le dernier testament inscrit aux Registres avec le nom du notaire ou de l'avocat ayant reçu l'acte, son adresse et son numéro de téléphone.

Muni de votre certificat de recherche testamentaire indiquant positivement les coordonnées du professionnel ayant reçu le dernier testament du défunt, il vous faudra entrer en contact lui afin d'obtenir une copie certifiée du testament, ce qui vous permettra de poursuivre l'étude des dispositions testamentaires.

Si la recherche testamentaire se révèle infructueuse, cela signifie que le défunt n'a fait aucun testament devant un notaire ou un avocat. Il est donc important de bien vérifier dans les documents personnels du défunt, dans son coffret de sûreté (si vous y avez accès) afin de s'assurer que ce dernier n'aurait pas laissé quelconques instructions testamentaires écrites à la main ou encore un testament fait devant témoins.

Si malgré vos efforts de recherche, vous ne trouvez toujours pas de testament, veuillez passer à l'étape 4a). Il s'agit alors d'une succession légale (sans testament ou ab intestat). Voir le texte " Vous décédez sans avoir fait de testament ". www.avocat.qc.ca/public/iiabintestat.htm

Il pourrait arriver que le défunt ait fait un testament notarié puis plus tard ait rédigé un testament olographe ou devant témoins. Le plus récent testament serait le testament exécutoire et nécessitant une vérification.

 

3. Vérification du testament

Selon les résultats de vos recherches testamentaires, il vous faudra faire vérifier le testament avant d'exécuter les volontés qui y sont dictées.

Si votre recherche testamentaire vous indique que le dernier testament en date est un testament notarié (reçu par un notaire du Québec), l'étape de vérification n'est pas requise puisqu'un tel testament est valide et prêt à être exécuté étant donné qu'un notaire a déjà authentifié et vérifié l'identité et la capacité du testateur.

Si la recherche testamentaire indique que le dernier testament en date est un testament devant témoins, il vous faudra procéder à la vérification du testament en adressant une demande à un notaire ou au Tribunal. La procédure sera la même si vous retrouvez, parmi les documents personnels du défunt, un testament rédigé de la main du testateur et signé de sa main (testament olographe) ou un testament devant témoins ou fait chez un avocat. Dans ces dernières situations, vous pouvez vous adresser à un notaire ou un avocat afin de vous guider dans les démarches légales de vérification du testament.

 

4. Étude des dispositions testamentaires

A) Succession sans testament
Si vos recherches testamentaires se révèlent infructueuses et qu'il est évident que le défunt n'a laissé aucun testament, il y a présence d'une succession ab intestat ou dévolution légale de la succession. C'est-à-dire que le défunt n'a nommé aucun légataire et que ce sont les dispositions du Code civil du Québec qui détermineront à qui seront dévolus ses biens. Également, cela implique que tous les héritiers seront liquidateurs de la succession par défaut, à moins qu'un liquidateur ne soit nommé et désigné à la majorité des héritiers.

S'il y a présence de succession sans testament, veuillez consulter un notaire ou un avocat qui vous aidera à préparer une procédure de Déclaration d'hérédité permettant de déterminer qui sont les héritiers et quelle est la part de la succession qui revient à chacun.

Voir aussi le texte "Vous décédez sans avoir fait de testament".

B) Succession avec testament
Lorsque vos recherches testamentaires se révèlent positives et que vous avez mis la main sur le dernier testament du défunt, il vous sera probablement facile de déterminer qui occupera la tâche de liquidateur et quels seront ses pouvoirs dans le cadre de la liquidation de la succession. Habituellement, les testaments notariés contiennent une clause de nomination de liquidateur lui donnant les pleins pouvoirs de gestion et d'administration sur les biens du défunt.

Également, à la lecture du testament notarié, devant témoins ou olographe vous pourrez déterminer à qui le testateur a choisi de léguer ses placements, ses biens meubles et ses biens immeubles.

 

5. Nomination ou confirmation du rôle du liquidateur

Si la succession est légale (sans testament) et que les héritiers décident de nommer parmi eux un liquidateur, un avis de nomination de liquidateur devra être préparé et publié au Registre des droits personnels et réels mobiliers : www.rdprm.gouv.qc.ca/fr/Documents/Publications/Reglement_succession_et_RDPRM.pdf

La procédure est la même dans le cas d'une succession testamentaire et que le testament désigne clairement le liquidateur. Le liquidateur nommé au testament confirme ainsi l'acceptation de sa charge. S'il refuse d'exercer son rôle de liquidateur, il lui est également possible de refuser la charge.

 

6. Vérification et liquidation du régime matrimonial et du patrimoine familial

À cette étape, il faut rechercher le contrat mariage dans les documents personnels du défunt ou à défaut faire la demande d'un certificat de mariage auprès du Directeur de l'État civil. Vérifiez et confirmez que le défunt était toujours célibataire ou uni par les liens du mariage ou de l'union civile avec son conjoint(e).

Si le défunt était célibataire au moment de son décès, aucune action n'est nécessaire à cette étape puisqu'il n'y aura aucun régime matrimonial ni patrimoine familial à liquider. La situation sera la même si un divorce est intervenu avant le décès du défunt; le régime matrimonial et le patrimoine familial auront été liquidés lors des procédures de divorce. Passez à l'étape 8.

Si le défunt était marié ou uni civilement au moment de son décès, vous devez accomplir la présente étape afin de liquider le régime matrimonial et le patrimoine familial. Veuillez consulter un notaire ou un avocat afin de déterminer les biens faisant parti du régime matrimonial ou du patrimoine familial, vous permettant de déterminer la créance de la succession envers le(a) conjoint(e) survivant(e).

 

7. Traitement des créances alimentaires au besoin

Dans certains cas, il est possible que la succession soit redevable de sommes en guise de créances alimentaires aux personnes qui se qualifient comme créancier alimentaire et qui en font la demande au liquidateur de succession dans les 6 mois qui suivent le décès.

Les créanciers alimentaires sont le conjoint marié ou uni civilement au défunt, l'ex-conjoint qui réclamait déjà une pension alimentaire en vertu d'un jugement de divorce ou la dissolution d'une union civile, les enfants mineurs ou à charge du défunt ou autre parent, grands-parents en lignes directes.

 

8. Élaboration d'un inventaire des biens et dettes de la succession

Dans le cadre de la préparation de l'inventaire, le liquidateur de succession dressera le portrait de la situation financière du défunt en y énumérant tous les actifs et les passifs. Cette étape est importante pour les personnes qui sont susceptibles de recueillir la succession. L'inventaire leur donnera le portrait global de la succession, c'est-à-dire de déterminer si elle est déficitaire (bilan négatif) ou profitable (bilan positif) et ainsi être en mesure de faire le choix ou l'option approprié rendu à l'étape 12.

Afin de déterminer le bilan des biens de la succession, l'actif sera déterminé par de la valeur de tous les meubles, immeubles, véhicules et effets personnels, comptes bancaires et autres liquidités, fonds de pension, prestation RRQ, contenu de coffrets de sûreté, placements, immeubles, REER, assurance-vie (sauf si la police est payable à un bénéficiaire désigné), etc. Il faut donc à cette étape répertorier tous les biens du défunt et évaluer leur valeur marchande, c'est-à-dire qu'il faut prendre en considération l'état d'usure des biens et non leur valeur de remplacement à neuf. En cas de difficulté à évaluer les biens, veuillez vous référer à un expert en évaluation.

Le passif de la succession correspond en général aux dettes au moment du décès, soit : les cartes de crédit, hypothèque, prêts personnels et automobiles, les dettes relatives aux funérailles, frais testamentaire le cas échéant, les créances liées au régime matrimonial, au patrimoine familial et aux obligations alimentaires (voir les étapes 6 et 7), les dettes fiscales (voir l'étape 10 A), etc.

L'inventaire des biens et des dettes peut être fait sous la forme notariée (par un notaire) ou sous toute autre forme que le liquidateur jugera approprié.

 

9. Dépôt de l'avis de clôture de l'inventaire

Lorsque le liquidateur aura terminé la confection de l'inventaire, celui-ci déposera au Registre des droits réels et personnels mobiliers un formulaire intitulé avis de clôture de l'inventaire. Ce document servira à aviser les créanciers et autres personnes intéressées à la succession du lieu où l'inventaire peut être consulté :
www.rdprm.gouv.qc.ca/fr/Documents/Publications/Reglement_succession_et_RDPRM.pdf

Cet avis doit également être publié dans un journal distribué dans la localité de la dernière adresse connue du défunt.

Finalement, le liquidateur doit informer par écrit sous forme de lettre les héritiers, les successibles, les légataires particulier et les créanciers connus de la publication de l'avis de clôture et de l'endroit où l'inventaire peut être consulté, à moins qu'il ne soit facile d'insérer une copie de l'inventaire dans l'envoi postal.

 

10. Dresser et transmettre les déclarations de revenus

A) Impôt du défunt

Dans le cadre de la confection de l'inventaire et de la détermination des dettes du défunt, le liquidateur de la succession doit faire la déclaration d'impôt du défunt pour l'année précédant le décès et pour l'année du décès. Ainsi, le liquidateur sera à même de déterminer quelles seront les sommes à remettre aux autorités fiscales en vue du paiement des impôts du défunt. Pour plus d'information, consulter le site du MRQ : www.revenu.gouv.qc.ca/fr/citoyen/situation/deces/declar_defunt.aspx

B) Impôt de la succession

Si la liquidation de la succession se poursuit au-delà d'une année civile, le liquidateur devra produire une déclaration de revenu correspondant aux revenus et aux dettes de la succession en utilisant le formulaire de déclaration de revenus des fiducies (TP-646). Pour plus d'information, consulter le site du MRQ : www.revenu.gouv.qc.ca/documents/fr/publications/in/in-313(2010-03).pdf

Les rapports d'impôts précédents sont également requis auprès du Ministère du Revenu Fédéral : www.cra-arc.gc.ca/F/pub/tg/t4011/LISEZ-MOI.html

 

11. Demande de certificats fiscaux

Lorsque le liquidateur a terminé de dresser l'inventaire de la succession et que l'avis de clôture de l'inventaire a été publié au RDPRM, il demandera au Ministère du Revenu du Québec un Certificat de paiement : www.revenu.gouv.qc.ca/fr/citoyen/situation/deces/certificat.aspx, et un certificat de décharge au Ministre du revenu Fédéral: www.cra-arc.gc.ca/tx/ndvdls/lf-vnts/dth/clrnc-fra.html

Le principe général veut que le liquidateur ne puisse acquitter les dettes de la succession ni faire quelque distribution de legs sans avoir obtenu préalablement le Certificat de distribution délivré par le Ministère du Revenu du Québec. Cependant, une mesure d'exception existe. Le liquidateur peut acquitter des dettes et payer des legs jusqu'à concurrence de 12 000$ avant même d'avoir obtenu ses certificats de distribution. Si la limite des 12 000$ n'est pas respectée avant l'obtention des certificats fiscaux, le liquidateur devient personnellement responsable de payer les impôts impayés du défunt et toutes autres sommes dues au gouvernement provincial, et ce, jusqu'à concurrence de la valeur des biens distribués sans droit. Au niveau fédéral, la loi ne possède pas l'exception du 12 000$, le liquidateur demeure tenu au principe général de la rétention de la totalité des sommes jusqu'à l'obtention du certificat de décharge. À défaut de ce faire, le liquidateur sera tenu personnellement responsable du paiement de tout montant demeuré impayé au ministre du Revenu national jusqu'à concurrence des biens distribués.

 

12. Liquidation de la succession

Une fois que les personnes à qui sont dévolus les biens sont identifiées, tel que discuté à l'étape 4, ces dernières ont encore le choix d'accepter ou de refuser la succession. À la lumière de l'inventaire de la succession préalablement préparé par le liquidateur à l'étape 8, les successibles peuvent évaluer eux-mêmes s'il est préférable de renoncer à la succession pour cause d'un bilan déficitaire. En outre, l'acceptation de la succession implique de rembourser les dettes du défunt. Il est donc bien important pour le successible d'évaluer si les dettes du défunt sont plus importantes que les biens qu'il laisse. Dans cette éventualité, le successible devrait refuser la succession, sinon il pourra se retrouver à débourser plus qu'il n'en récolte.

Par la suite, dans le cadre des opérations de liquidation des biens de la succession, le liquidateur doit s'assurer du paiement des dettes de la succession et des legs particuliers.

Si le liquidateur de la succession a des immeubles à transmettre au(x) successible(s), il doit consulter un notaire qui préparera un document notarié nommé la " déclaration de transmission " constatant le transfert légal de l'immeuble et qui sera publié au registre foncier. Dans certains cas, il sera également nécessaire de faire des déclarations de transmission afin d'opérer le transfert de biens meubles tel que les comptes bancaires du défunt, ses certificats de dépôt, valeurs mobilières, véhicules automobiles, polices d'assurances vie, etc.

Par exemple, pour le transfert des comptes bancaires, les institutions financières exigent parfois l'utilisation d'un formulaire qu'elles auront spécialement conçu à cette fin, lequel doit être complété et attesté par un notaire. Concernant le transfert d'un véhicule automobile ou autres véhicules tels une caravane ou un motorisé, une moto, une motoneige, une motomarine ou un bateau; veuillez vous référer au site internet du registre des droits personnels et réels mobiliers : www.rdprm.gouv.qc.ca/fr/pages/accueil.html

 

13. Reddition de compte

La reddition de compte est un document préparé par le liquidateur, avec l'aide de son conseiller juridique au besoin, constatant ce qu'il reste de la succession pour les héritiers une fois les dettes et les legs particuliers payés. C'est en quelque sorte le bilan du patrimoine de la succession une fois tous les biens et valeurs réunis, diminués du paiement des dettes et des legs particuliers. Le compte permet aux héritiers de savoir si le liquidateur a agit avec diligence dans l'accomplissement de ses devoirs de gérant. Le solde du compte est par la suite séparé entre les héritiers selon les proportions établies par le Code civile du Québec dans le cas d'une succession légale ou par le testament si la succession est de nature testamentaire.

 

14. Dépôt de la clôture de compte

Lorsque tous les héritiers acceptent le compte du liquidateur, ces derniers donnent quittance totale et finale au liquidateur, ce qui a pour effet de le décharger et de le libérer de ses responsabilités de gestionnaire de la succession. La dernière étape consiste alors à rendre publique cette décharge du liquidateur en publiant un avis de clôture du compte au registre des droits personnels et réels mobiliers : www.rdprm.gouv.qc.ca/fr/Documents/Publications/Reglement_succession_et_RDPRM.pdf

 

Dernière mise à jour : 9 septembre 2010


Avis : L'information présentée ici est de nature générale et est mise à votre disposition sans garantie aucune notamment au niveau de son exactitude ou de sa caducité. Cette information ne doit pas être interprétée comme constituant des conseils juridiques. Si vous avez besoin de conseils juridiques particuliers, vous devriez consulter un avocat.

© Copyright 2001- 2010, Constance Fortin, avocate et Jurismedia inc., Tous droits reservés

 


 


Page d'accueil du Réseau juridique du Québec | English 

La Boutique juridique

Centre de renseignements juridiques
Particuliers | Affaires | Juristes | FAQ juridiques | Liens | Humour

Rechercher
Avocat ou cabinet | Notaire | Huissier

Nous joindre | À propos | Politiques d'affaires | Partenaires
Avertissement

Copyright © , Jurismedia inc., Tous droits réservés